RCOA - L'opération de publication
Le Processus de Rédaction
: Partie I
Présentation et examen des manuscrits - rapide survol
de ce qu'on fait d'un manuscrit entre le moment où
il est présenté et celui où il est envoyé
à l'extérieur pour être évalué
par des pairs.
Une fois qu'un manuscrit a été
présenté pour publication éventuelle,
il faut régler plusieurs questions préliminaires
avant d'entamer officiellement l'évaluation. La revue
essaie de donner un premier avis à l'auteur dans les
90 jours de la réception du document. À la réception
du manuscrit, la rédactrice/le rédacteur en
chef appose le timbre-dateur sur le document afin que nous
puissions voir le temps que prend chaque étape de l'évaluation.
La rédactrice/le rédacteur en chef tâche
ensuite de lire tous les documents présentés
dans les sept jours de leur réception. Chacun est lu
dans l'optique de quatre objectifs précis. On décide
tout d'abord si le document est acceptable et/ou mérite
un examen plus approfondi selon les "objet et portée"
de la revue. Si on estime que le document peut être
pris en considération, le deuxième objectif
est d'évaluer avec soin le manuscrit pour vérifier
s'il respecte les lignes directrices adoptées par la
revue pour le style. Les manuscrits DOIVENT respecter les
lignes directrices prévues. Si ce n'est pas le cas,
on les renvoie à l'auteur sans poursuivre l'évaluation.
Si le document présenté respecte les exigences,
le troisième objectif consiste à vérifier
si la catégorie dans laquelle le ou les auteurs ont
placé le document est la plus indiquée (instructif,
article, rapport de terrain, etc.). Si on estime que le document
serait mieux placé dans une autre catégorie,
la rédactrice/le rédacteur en chef contacte
l'auteur et en discute avec lui avant de lancer l'évaluation
externe. Pour finir, si le manuscrit comporte le recours à
des sujets humains, la rédactrice/le rédacteur
en chef vérifie qu'on a bien obtenu l'autorisation
de l'organisme de contrôle voulu pour le faire; on demande
à l'auteur de remettre la confirmation écrite
de cette autorisation lorsqu'il présente son document.
Une fois qu'on a vérifié que le sujet traité
dans le manuscrit est indiqué pour la revue et qu'il
satisfait à toutes les exigences prévues pour
envisager sa publication, la rédactrice/le rédacteur
en chef confie la coordination de l'évaluation externe
par les pairs à une personne. Dans certains cas, elle
le fait elle-même, mais les manuscrits sont généralement
confiés, en fonction de la langue de rédaction
(anglais ou français) et du sujet général,
aux rédacteurs en chef adjoints (RCA) chargés
des différents domaines. À l'occasion, l'évaluation
peut être coordonnée par un autre rédacteur
en chef adjoint lorsque la charge de travail du RCA est déjà
très lourde ou qu'il y a une possibilité de
conflit d'intérêts. Le deuxième cas de
figure est de nature éthique et on essaie d'éliminer
toute partialité et/ou conflit d'intérêts
de l'évaluation par les pairs. Étant donné
que la communauté des professionnels et des universitaires
qui s'intéressent aux sciences et aux troubles de la
communication est relativement réduite au Canada, des
conflits peuvent se présenter. Lorsqu'il est évident
qu'il y a une relation personnelle ou professionnelle entre
le ou les auteurs du manuscrit présenté à
la revue et le personnel de rédaction, on confie le
texte à d'autres personnes. En l'occurrence, le membre
de l'équipe de rédaction concerné ne
participe à aucune étape d l'évaluation
(de la coordination à la décision finale). On
ne contacte pas non plus les collègues du même
établissement pour leur demander d'évaluer le
document. Pour garantir l'équité et l'impartialité
de l'évaluation des manuscrits, on peut donc changer
le responsable de la coordination de l'évaluation et
la manière de lancer l'évaluation. Lorsqu'on
procède à un tel changement, on en informe l'auteur
concerné en lui donnant les raisons. On exclut normalement
la rédactrice/le rédacteur en chef ou le rédacteur
adjoint de toutes les étapes de l'évaluation
lorsqu'il y a possibilité de conflit d'intérêts.
Lorsque le manuscrit est enfin confié à un rédacteur
en chef adjoint, on attribue un numéro de référence
au manuscrit et on correspond par écrit avec l'auteur
pour accuser réception du manuscrit et indiquer quel
rédacteur en chef adjoint coordonnera l'évaluation.
À ce stade, la rédactrice/le rédacteur
en chef envoie des copies du manuscrit au rédacteur
en chef adjoint qui lancera officiellement l'évaluation
externe du manuscrit par des pairs.
Le Processus de Rédaction
: Partie II
Évaluation des manuscrits - description des raisons
et de l'objet de l'évaluation par des pairs, choix
des évaluateurs, résultats possibles de l'évaluation
et éléments qui influent sur la décision
finale de la rédactrice/le rédacteur en chef
relative au texte présenté.
Même si, dans
certains cas, le rédacteur adjoint ou la rédactrice/le
rédacteur en chef a de grandes connaissances dans le
domaine traité dans le document présenté,
la plupart du temps, l'information fournie par les évaluateurs
externes est indispensable pour pouvoir prendre une décision
sur le manuscrit et faire une recommandation à la rédactrice/le
rédacteur en chef.
La responsabilité du rédacteur adjoint consiste
à trouver les évaluateurs possibles pour un
document donné. Le rédacteur adjoint facilite,
par l'intermédiaire de la secrétaire de rédaction,
le contact avec les évaluateurs pour vérifier
leur disponibilité et leur volonté d'entreprendre
l'évaluation puis leur envoyer le manuscrit avec les
formulaires et l'information relatifs à l'évaluation.
Dans certains cas, la rédactrice/le rédacteur
en chef peut proposer au rédacteur adjoint le nom d'un
ou plusieurs évaluateurs possibles. Pour trouver des
évaluateurs, on dispose de plusieurs ressources excellentes
: la base de données des anciens évaluateurs,
les évaluateurs éventuels qui ont exprimé
un intérêt et la base de données des membres
de l'ACOA où sont indiqués leurs champs d'intérêt.
On recherche deux évaluateurs externes. Il arrive qu'on
ait du mal à trouver des évaluateurs externes
appropriés pour certains documents. Cela peut avoir
de graves répercussions sur la durée de l'évaluation.
Lorsqu'on a identifié des évaluateurs possibles,
on les contacte pour voir s'ils peuvent faire l'évaluation
dans un délai donné. On procède normalement
de la façon suivante : on demande aux évaluateurs
de présenter leurs observations dans les 45 jours;
cependant, étant donné les problèmes
qu'on a parfois à trouver des évaluateurs qualifiés
dans certains domaines, on fait preuve de souplesse pour obtenir
une évaluation fiable du manuscrit par des pairs. On
cherche à réaliser toute cette opération
de façon à permettre à la rédactrice/le
rédacteur en chef de prendre une décision dans
les 90 jours de la réception du manuscrit. Il s'écoule
généralement 117 jours (quatre mois) en moyenne
à la RCOA entre la réception et la décision
initiale.
Lorsqu'on envoie un manuscrit aux évaluateurs externes,
il est accompagné d'un dossier d'information et d'un
sommaire qui leur permet de faire immédiatement une
recommandation au coordonnateur (rédacteur adjoint
ou rédactrice/le rédacteur en chef) sur l'issue
de leur évaluation. L'évaluateur a quatre options
: (1) accepter le document pour le publier tel quel, (2) l'accepter
pour publication après remaniement ou révision,
(3) le refuser, le réviser et le présenter à
nouveau pour évaluation, ou (4) le refuser sans possibilité
de le reprendre en considération.
Le Processus de Rédaction
: Partie III
Sort réservé aux manuscrits - résumé
de la nature de la décision une fois les évaluations
externes terminées, facteurs pris en compte dans la
décision de publier un manuscrit et options dont peuvent
disposer les auteurs dans le cadre du processus décisionnel.
Une fois les évaluations
externes terminées, le rédacteur chargé
de la coordination soupèse l'information obtenue. Il
examine dans tous les cas les évaluations externes,
lit le manuscrit, fait ses propres observations et juge si
le manuscrit est acceptable pour publication dans la revue.
C'est à la rédactrice/le rédacteur en
chef, que ce soit elle ou quelqu'un d'autre qui a coordonné
l'évaluation, que revient la responsabilité
de faire une recommandation officielle aux auteurs quant au
sort réservé à leur document. Nous donnons
ci-dessous quelques renseignements supplémentaires
sur les quatre décisions possibles indiquées
ci-dessus dont disposent les évaluateurs externes et
le coordonnateur.
Il est très rare que la première soit retenue
(accepter le manuscrit pour le publier tel quel). Les deuxième
et troisième options (accepter le manuscrit après
révision et remaniement, ou le réviser et le
présenter à nouveau) sont plus souvent retenues
pour le choix des documents publiés. Il n'est pas rare
qu'on retienne la dernière option (rejet total). Lorsqu'on
prend cette décision, on élimine toute possibilité
de reprise en considération du manuscrit. Le taux général
de rejet pour la revue est de 25 à 30 %. La deuxième
option (accepter de publier le manuscrit après remaniement
et/ou révision) est très variable. Le remaniement
et la révision peuvent aller des modifications minimes
aux changements très importants. Cette option est choisie
pour environ 50 % des manuscrits jugés acceptables
pour être publiés dans la RCOA. Dans l'un et
l'autre cas, il est recommandé d'obtenir une acceptation
provisoire sous réserve des révisions suggérées
par les évaluateurs et le rédacteur chargé
de la coordination. Une fois les révisions apportées,
la rédactrice/le rédacteur en chef prend la
décision finale. On choisit par contre la troisième
option pour indiquer aux auteurs qu'en règle générale,
le sujet traité peut intéresser les lecteurs,
que le développement du sujet ou la teneur du document
peuvent être revus, par exemple. Cette option représente
les 50 % restants des manuscrits qui pourraient être
acceptés pour être éventuellement publiés
dans la RCOA. Toutefois, lorsqu'on fait une telle recommandation,
le simple fait de les remanier ne garantit pas qu'ils seront
acceptés. Il revient en outre aux auteurs de décider
de les remanier ou non.
Une fois que le rédacteur chargé de la coordination
a soupesé l'évaluation du manuscrit, il transmet
pour étude à la rédactrice/le rédacteur
en chef une recommandation non exécutoire. Le terme
"non exécutoire" est utilisé pour
indiquer que la recommandation du rédacteur adjoint
peut en fait différer de celle de la rédactrice/le
rédacteur en chef. Si c'est le cas, le rédacteur
adjoint et la rédactrice/le rédacteur en chef
en discuteront longuement, et consulteront parfois directement
les évaluateurs externes pour obtenir un complément
d'information, avant de prendre la décision officielle.
Il est très rare que la rédactrice/le rédacteur
en chef ne suive pas la recommandation d'un rédacteur
adjoint, mais il arrive qu'on modifie une recommandation concernant
la catégorie indiquée pour la publication (article
plutôt que note clinique, par exemple) ou le type de
remaniement ou révision nécessaire après
discussion par le personnel de rédaction. Encore une
fois, il ne faut pas oublier que les manuscrits qui exigent
des révisions plus importantes peuvent nécessiter
de nouvelles révisions après la deuxième
évaluation. Il est important de reconnaître que,
dans la plupart des cas, si on juge qu'un document pourra
intéresser les lecteurs et que le domaine traité
est important (option trois), le rédacteur adjoint
et/ou la rédactrice/le rédacteur en chef travailleront
en étroite collaboration avec le ou les auteurs afin
de les aider à apporter tous les changements voulus.
S'ils ne le font pas, le temps et les efforts consacrés
à l'évaluation par les évaluateurs externes
auront été vains. La rédactrice/le rédacteur
en chef enverra alors la décision par écrit
à l'auteur qui a présenté le texte; les
auteurs reçoivent en même temps les évaluations
externes ainsi que les observations du rédacteur adjoint
chargé de la coordination et/ou de la rédactrice/le
rédacteur en chef.
On a pris l'habitude d'indiquer dans la revue, à la
fin de tout texte publié, la date de présentation
du manuscrit en vue d'envisager sa publication et celle de
l'acceptation officielle du manuscrit. Si c'est la première
ou la deuxième option qui est recommandée, surtout
dans les cas où les révisions demandées
sont minimes, c'est la date où la décision finale
est envoyée aux auteurs qui constitue la date d'acceptation.
Toutefois, si les changements sont plus importants même
si l'option deux est recommandée, ou si on recommande
de réviser le texte et de le représenter, la
date d'acceptation viendra après la deuxième
évaluation. Pour les deuxièmes évaluations,
il faut parfois avoir recours à l'avis d'un ou de plusieurs
experts-conseils indépendants, du rédacteur
adjoint et de la rédactrice/le rédacteur en
chef, et de ce fait, l'intervalle entre les dates de réception
et d'acceptation peut être plus long. Si cette opération
prend souvent beaucoup de temps, on estime en général
qu'elle est très utile à de nombreux auteurs.
C'est notamment vrai pour ceux qui tentent de publier pour
la première fois et, dans ce cas il est essentiel d'éduquer
les nouveaux auteurs. Là encore, le temps entre la
présentation et l'acceptation peut sembler dans certains
cas anormalement long, mais il est important de savoir que
plusieurs évaluations ont pu être réalisées
pendant cette période. En l'occurrence, la date de
l'acceptation finale n'est donnée que lorsque la rédactrice/le
rédacteur en chef estime que c'est la version définitive
du manuscrit ou que les changements demandés sont si
minimes que la révision sera pratiquement immédiate.
Quelle que soit l'issue de l'évaluation, le personnel
de rédaction tente d'obtenir une évaluation
juste et opportune de la part des pairs. Comme nous l'avons
déjà dit, environ 25 à 30 % des textes
présentés sont rejetés sans pouvoir être
présentés à nouveau. Malgré la
déception que ressentent les auteurs face à
une telle décision, le personnel de rédaction
tâche de faire des commentaires constructifs à
tous les auteurs. Au besoin, la rédactrice/le rédacteur
en chef contactera les évaluateurs externes pour leur
dire que leur évaluation lui semble plus punitive qu'instructive.
Lorsque c'est le cas, le rédacteur adjoint et la rédactrice/le
rédacteur en chef en parleront généralement
dans leurs commentaires aux auteurs en espérant qu'ils
ne seront pas découragés de tenter à
nouveau d'être publiés par la suite. La possibilité
de participer à l'opération souvent ardue de
rédaction ou de remaniement de son travail, tout en
devant absorber l'évaluation critique d'autrui, n'est
pas toujours une démarche idéale, mais elle
est essentielle si on souhaite s'améliorer pour pouvoir
contribuer aux professions et aux disciplines de l'orthophonie
et de l'audiologie.